Roger Moore nous a quitté

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Edition DR
Auteur Pierre Murat
Photo © Composition Secavi
Date 23 mai 2017
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Triste Disparition

Roger Moore nous a quitté

En 1981, il allait incarner l'espion britannique pour la cinquième fois, auprès d'une James Bond girl française, Carole Bouquet. Roger Moore, mort mardi 23 mai, nous confiait alors son rêve d'écrire, sa peur des virgules, et son envie de jouer, un jour, un méchant.

ℜ VIDÉO: Roger Moore | Bande originale de sa vie

« Oh, je ne m'aime pas beaucoup moi-même, alors aimer James Bond, vous pensez...» Il existe, Roger Moore, je l'ai rencontré. Pas sur les pistes neigeuses de Cortina d'Ampezzo, théâtre des nouveaux exploits de l'agent 007. Non, ça c'est le travail des doublures... Je l'ai vu bien au chaud dans sa roulotte, la ride véloce, mais sans pesante graisse, avec, dans l'œil, toute la causticité dont est capable un sujet de sa Majesté très Britannique. Star jusqu'au bout de son cigare.

« Ce qu'on a appelé le “glamour” a fichu le camp, contaste-t-il d'un ton mélancolique, à partir du moment où Hollywood a montré des stars posant dans leur cuisine ... Quand j'ai débuté, les acteurs étaient encore adoptés, comme mis en nourrice ; on les levait le matin, on les bordait le soir ». C'est à la télévision, dans des emplois virils que Roger Moore s'impose. Ivanhoe, Le Saint, Amicalement vôtre lui assurent une immense popularité. Il ne songe plus guère au grand écran lorsque le rôle de James Bond lui tombe tout rôti dans l'escarcelle ...

Retour en arrière

Revenons en arrière. Les années 60 : un petit film d'aventures, auquel personne ne croit, James Bond contre Dr No, impose un savoureux cocktail qu'une journaliste définit ainsi : du sexe, de l'or et du sang. Avec Bons baisers de Russie (1963), Goldfinger (1964), Opération Tonnerre (1965), la mode devient folie. On ne jure plus que par l'agent secret superbe et généreux imaginé par Ian Fleming. Et les femmes se pâment devant le magnétisme animal d'un comédien inconnu, propulsé vers les cimes de la gloire : Sean Connery. (« Sean qui ? », demande régulièrement, avec une feinte ingénuité, Roger Moore, si un journaliste maladroit lui rappelle l'existence de son « rival » ...).

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Avec l'arrivée de Moore, dans les années 70, Bond, moins sensuel et plus drôle, devient simple pion dans un univers de géants. C'est l'heure de gloire pour Ken Adam, le décorateur, qui, dans L'Espion qui m'aimait et Moonraker, donne libre cours à une fantaisie qui se chiffre par milliers de dollars : « c'est un peu ce contre quoi nous avons réagi, note John Glen, le réalisateur de ce nouvel épisode. Je dirige Rien que pour vos yeux comme un “thriller”. Il y aura de l'action, évidemment, mais aussi une histoire très forte. Les caractères seront plus fouillés qu'à l'ordinaire.»

Sans révéler les fils d'une histoire

A lire le synopsis, on ne le dirait pas, bien sûr ! Sans révéler les fils d'une histoire - qu'il vous semblera avoir vue dix fois déjà - sachez donc que, flanqué d'une jeune femme désireuse de venger la mort de ses parents, et d'une patineuse sur glace baptisée Bibi Doll (humour typiquement « bondien »), notre James devra retrouver un transmetteur top secret convoité par une armée de méchants.

« J'aimerais en interpréter un, pour changer, avoue Roger Moore. Les méchants, ça se cache derrière des fausses barbes, des moustaches : c'est amusant. Et puis ce sont eux qui héritent du dialogue. Les gentils, eux, travaillent à nu, sans protection. Ma seule part créative, c'est de ne pas battre des cils quand on me tire dessus ! Une seule tois, dans L'Homme au pistolet d'or, j'ai eu droit à un monologue ... de cinq lignes ! Et encore, comme par un fait exprès, le jour du tournage, je n'avais pas déjeuné : mon estomac gargouillait ... c'était affreux ! »

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Lorsqu'il consent à ne pas bouffonner, Roger Moore vous confie que l'homme doit, par ses expériences successives sur terre, atteindre le salut. Et qu'à travers les personnages qu'il incarne, et dont il garde la souvenance, le comédien peut prétendre plus facilement que d'autres à la sagesse. Et puis, tout doucement, hors micros, il vous susurre son désir le plus cher : écrire.

« J'essaie parfois. J'écris une phrase. Et, au moment de poser la première ponctuation, je me dis: “Mon Dieu, faut-il un point ou une virgule ?” Et, à ce moment, le téléphone sonne, et on me propose de tourner un James Bond, et j'accepte ... Parce que quand je ne travaille pas, je mange trop ! ... A tout prendre, de tous les films que l'on me propose, je préfère encore tourner des James Bond. Un James Bond, c'est la griffe “Cartier” du film d'aventures. Et puis ...» Diriger, cela aussi, il aimerait. Et diriger un James Bond, pourquoi pas ? « A condition, naturellement, de ne pas jouer le rôle. Ce qui me permettrait de faire souffrir un autre acteur !».

Roger Moore, éternellement nôtre, nous a beaucoup fait rire avec son humour très anglais - Mai 2017

Pour l'instant, celle qui semble souffrir sur le tournage, c'est Carole Bouquet, la seconde Française (après Claudine Auger dans Opération Tonnerre) à tomber dans les bras de l'invincible héros. Elle a la grippe, Carole, et, dehors, il fait moins dix degrés. Et puis, elle a dû batailler pour avoir à dire autre chose que les « Oh, James » énamourés auxquels toute « James Bond Girl » est vouée. Depuis Cet obscur sujet du désir, de Luis Buñuel, Carole Bouquet avait peu tourné. « Volontairement, précise-t-elle. J'avais perdu le plaisir de jouer ». Aujourd'hui, c'est avec enthousiasme qu'elle évoque un projet qui lui tient à cœur : le prochain film de Werner Schroeter, dont le tournage commencera vers la mi-février, à Prague. « L'histoire d'une jeune femme qui a du mal à supporter le monde extérieur et qui décide de se cloîtrer dans un asile. Un film sur la folie : Werner a tout de suite pensé à moi...» ■

CHRONOLOGIE

  • 1927 . Naissance le 14 octobre à Stockwell, près de Londres.
  • 1958 . Joue le rôle-titre d'Ivanhoé dans la série britannique homonyme.
  • 1962 . La série Le Saint lui vaut une célébrité internationale. Il enchaîne avec Amicalement vôtre, tout aussi populaire.
  • 1973 . Succède à Sean Connery dans le rôle de James Bond dans Vivre et laisser mourir. Jusqu'en 1985, il interprétera encore six fois l'agent 007, dans L'Homme au pistolet d'or, L'Espion qui m'aimait, Moonraker, Rien que pour vos yeux, Octopussy (ci-dessus) et Dangereusement vôtre
  • 1978 . Mercenaire dans Les Oies sauvages d'Andrew McLaglen, film d'action et de guerre, son plus gros succès après les James Bond.1979Bons baisers d'Athènes de George Pan Cosmatos.
  • 2013 . Sa carrière au cinéma s'achève avec Incompatibles, de Paolo Cedolin Petrini, où il joue son propre rôle.
  • 2014 . Il est également Roger Moore dans sa dernière série télévisée, The Life of Rock With Brian Pern.

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ℜ VIDÉO

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