Face au cancer, je n'ai pas d'autre choix que de me ressaisir

MICHEL DELPECH

22 Avril 2015 | © Photo : FRANCIS DEMANGE | Article GALA

Le chanteur se confie depuis sa chambre d'hôpital

Rattrapé par le cancer et hospitalisé depuis le début de l'année, Michel Delpech reconsidère la vie, la sienne, avec une sagesse bouleversante. Confessions d'un homme en paix…

Michel Delpech nous donne rendez-vous à la clinique, où il est hospitalisé depuis quelques mois. A part ses amis et son entourage proche, personne n’a pu le rencontrer, depuis la rechute de son cancer de la gorge et de la langue, qu’il raconte dans son dernier ouvrage Vivre! (Plon), sorti en mars dernier. Affaibli par les traitements, le chanteur nous accueille chaleureusement. Il tourne même en dérision son apparence: « J'ai adopté un nouveau look! »… Difficile de contenir notre émotion. Ses traits sont tirés, la chimiothérapie et la radiothérapie ont laissé des traces. Michel est alimenté par une sonde gastrique.

Il garde malgré tout son sourire légendaire

L’interprète de Quand j’étais chanteur est bouleversant lorsqu’il évoque son « recancer » comme il le surnomme. C’est une leçon de vie, de dignité et de courage pour tous ceux qui, comme lui, se battent contre le crabe. Son attachée de presse est présente à ses côtés. Elle l'informe de tout. Des demandes d'interviews, des lettres de fans qui arrivent par milliers à la maison d'édition, des petites attentions de son public (des livres, mais aussi des chapelets, des médailles…). Emu, Michel est presque gêné par tant de marques d'affection. Sa voix est chevrotante, quasi inaudible lorsqu’il s’exprime. Il s’en excuse. Dans sa chambre claire avec un grand balcon, la télé reste allumée en permanence, comme pour lui tenir compagnie. Une cinquantaine de livres s’amoncellent sur la petite table qui lui sert de bureau.

Soudain, la porte s'ouvre. C'est son épouse, Geneviève qui nous salue amicalement. Michel Delpech garde intimement l'espoir de guérir. « Je veux vivre », nous dit-il. Avant d’ajouter non sans humour: « Mais seul le grand patron peut décider »…

Gala: Depuis trois mois, vous vous battez de nouveau contre le cancer. Geneviève, vous surnomme même le Phénix. Où puisez-vous cette force?

Michel Delpech: J'ai toujours eu en moi un esprit de battant. Je ne suis cependant pas à l'abri d'un coup de mou et je ne veux pas non plus crier victoire trop vite. Il faut savoir résister à la tentation du renoncement. Elle peut nous envahir facilement et nous contraindre à baisser les bras. J'en éprouve parfois l'envie. Cet état n'est pas forcément lié à la maladie. On a tous des épreuves à surmonter dans nos vies et il faut être un brin obstiné pour y parvenir. Grâce à la volonté, la ténacité et l'opiniâtreté, on peut réussir à surmonter l'infranchissable!

Gala: N'est-ce pas plus compliqué dans votre état?

M.D.: Au contraire! Dès qu'il s'agit de choses graves, ma première réaction est de mobiliser toutes mes forces et mon énergie pour me concentrer sur le problème. Face au cancer, je n'ai pas d'autres choix que de me ressaisir. Du coup, je me laisse soigner sagement par le personnel médical, sans dire un mot, moi le râleur, l'excessif. Depuis ma rechute, j'ai appris la patience. A quoi bon se morfondre, se lamenter ou se plaindre? La maladie m'a permis de grandir et de tout relativiser.

Gala: Vous voulez conti­nuer à vivre?

M.D.: Oui! Vivre, au-delà de tout. Positiver. Alors qu'en réalité, ce n'est pas dans ma nature profonde. Moi, le bilieux, je reste optimiste. Je ne me suis jamais senti aussi apaisé que depuis que je suis entre ces murs. Même si je préférerais être, ailleurs évidemment. J'ai réussi tout doucement à balayer les tracas du quotidien qui m'agaçaient. A chasser les mauvaises pensées pour guérir. J'ai l'intime conviction que je peux guérir. Comme j’ai conscience de ne peut-être pas y parvenir.

Gala: Au fil des mois, l'hôpital a fini par devenir une seconde maison?

M.D.: En quelque sorte. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, l’hôpital est un lieu de guérison. On y vient pour se soigner, pas pour mourir. Ce n'est pas un endroit triste et sombre. Je l'ai toujours vu comme un lieu positif. Il ne m'a pas été si difficile d'en tirer des choses bénéfiques et agréables.

Gala: Comme l'écriture de votre dernier livre?

M.D.: Oui. J’y décris justement avec amusement la vie que je mène dans cet établissement, depuis quelques mois. L’écriture m'a permis de libérer mes sentiments, de lâcher prise. Elle m’a aussi permis de constater à quel point j’aime la vie. Je suis un être entier. Je ne me dédouble pas. J’ai essayé d’être honnête, sincère. Il n'y a aucune différence entre l'homme et le chanteur. Ce livre, je l’ai écrit en trois mois, petit à petit, sans être trop assidu au travail. C’est une collec­tion de souvenirs, d’instants qui m'ont marqué. Une rencontre, un spectacle, une chanson, un match de foot, une lecture… Je dispense aussi quelques réflexions sur la sagesse, la spiritualité, l’amour, le bonheur…

(…)

Demain en kiosques retrouvez l'intégralité de la bouleversante interview de Michel Delpech.

Michel Delpech rattrapé par la maladie à lire ici

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