Le Dernier Pharaon revisité

2019 © secavi.com
  • Le Dernier Pharaon revisité

Edition Secavi.com
Auteur site officiel : S. Castro V. twitter
Photo © Composition Secavi twitter
Date 28 mai 2019
Www : Dargaud site officiel

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Le Dernier Pharaon revisité

On croyait Blake et Mortimer figés à jamais dans les années 50. Dans Le dernier pharaon, album qui paraît ce mercredi, les deux héros imaginés par Edgar P. Jacobs ont vieilli tout en prenant un sacré coup de jeune.

Un projet de longue date

" L'éditeur de Blake et Mortimer me poursuivait avec ce projet depuis des années. Mais j'aurais été incapable de le faire dans +la ligne claire+ (le style graphique popularisé par Hergé et Jacobs, ndlr). Je me suis dit qu'on pouvait rester fidèle à un auteur sans être dans le style de cet auteur", raconte le dessinateur belge François Schuiten, auteur notamment avec Benoît Peeters de la série "Les cités obscures".

L'album, qui bénéficie d'un tirage exceptionnel de 230.000 exemplaires, est un "one shot". - Mai 2019

Le dernier pharaon ne ressemble graphiquement à aucun autre album de Blake et Mortimer. Dans le même temps, c'est sans doute l'album le plus fidèle à l'univers d'Edgar P. Jacobs, le génial dessinateur qui nous a quitté en 1987.

"On voulait retrouver les fondamentaux de Jacobs", souligne Schuiten. Devenus vieux, les deux héros vont être amenés "à sauver le monde des dangers qui le guettent aujourd'hui".

L'album est en résonance avec les préoccupations actuelles et nous interpelle quant à notre dépendance à la technologie. "Un autre monde est possible" proclame un des personnages de l'album.

Un rire franc et joyeux

Quand on lui fait remarquer que son album ressemble à un manifeste écolo, François Schuiten éclate d'un rire franc et joyeux, sans démentir.

" Il y a la tentation d'un +reset+, d'un +reboot+", reconnaît-il. "Sauver le monde, c'est peut-être effacer la dette, aller vers la décroissance, retrouver la lenteur... On ne peut pas continuer comme ça...".

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Les premières pages de l'album nous ramènent à l'endroit où nous avions laissé les deux héros à la fin du Mystère de la Grande Pyramide. Après cette aventure, les années ont passé. Blake et Mortimer se sont progressivement éloignés de l'autre. Leur amitié s'est émoussée. Blake est accaparé par sa carrière. Mortimer, qui souffre de cauchemars récurrents, est devenu amer.

L'un et l'autre se retrouvent pourtant à Bruxelles au début des années 1980 après que de mystérieuses radiations se soient échappées du palais de Justice entraînant la destruction des réseaux électriques et électroniques... Évacuée de ses habitants, Bruxelles est devenue une ville morte peuplée d'animaux sauvages... Du moins, l'imagine-t-on.

Un album unique

Pour réaliser cet album, François Schuiten a travaillé pendant quatre ans avec trois complices : le cinéaste Jaco Van Dormael, l'écrivain Thomas Gunzig (qui ont participé au scénario) et l'illustrateur Laurent Durieux (qui a colorisé l'album).

" Entre nous, assure Schuiten, il n'y avait pas d'ego mal placé. Nous nous sommes mutuellement encouragés. C'était une bande super dynamique ".

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" En réalisant l'album, j'ai essayé de faire ce que j'aimerais qu'on me fasse : c'est à dire ne pas copier mon style mais essayer plutôt de prolonger ce qui m'intéresse ", précise François Schuiten, 62 ans, qui a connu personnellement Jacobs.

" J'ai beaucoup pensé à Jacobs en dessinant Mortimer. J'ai même dessiné un peu l'amertume qu'il avait à la fin de sa vie", confie également l'artiste belge.

L'album est truffé de références aux albums de Jacobs, notamment au "Piège diabolique" qui faisait voyager Mortimer dans le temps. " Tous les quatre on a été marqués par le Piège. C'est fascinant ", reconnaît Schuiten. Les clins d'œil au mystère de la Grande Pyramide et notamment son deuxième volet, La chambre d'Horus sont évidemment omniprésents.

Bruxelles, magnifiquement dessinée par Schuiten, apparaît également comme l'un des principaux personnages de l'album. " Dans ses projets, Jacobs avait l'intention de raconter une histoire autour du palais de Justice de Bruxelles ", cerifie le dessinateur qui affirme que c'est en découvrant ce projet qu'il a finalement décidé de sauter le pas et de se mettre au scénario du Le dernier pharaon.

L'album, qui bénéficie d'un tirage exceptionnel de 230.000 exemplaires, est un one shot. " Il n'y aura pas de suite", prévient le dessinateur.

A suivre sur secavi.com pour plus d'infos... ■


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